La rencontre

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– Tu t’es perdu ? Tu n’es pas d’ici toi, je ne t’ai jamais vu. Que
viens-tu faire sur ma plage ?
– Non, je ne suis pas perdu, je suis venu voir si au bord de la
mer la vie ne serait pas plus facile à vivre pour nous.
– Nous, qui ça nous ? Vous êtes nombreux à vouloir venir vivre
ici, sur ma plage ?
– Oui, assez. Nous voulons vivre en paix, vivre libres, offrir une
vie digne à nos petits. Je leur cherche un endroit où ne règne
pas la faim, la soif, la peur, la misère, l’horreur.
– Mais vous n’êtes pas comme nous, vous ne vivez pas comme
nous et puis ici c’est chez nous, pas chez vous !
– C’est vrai, nous sommes des pigeons et vous des mouettes
mais nous volons, nous nous reproduisons comme vous et de
nos oeufs naissent des oisillons, nous sommes des oiseaux.
Apparemment nous sommes différents mais nous sommes de
la même famille.
_Non ! Ce n’est pas vrai ! Je n’ai rien à voir avec toi ! Je ne te
ressemble pas ! Tu ne me ressembles pas ! Tu ne vis pas
comme moi, tu habites dans les arbres et tu roucoules toute la
journée ! Nous ne mangeons pas les mêmes choses. Nous
les mouettes, nous habitons dans les rochers, nous prenons
soin de nos petits . J’ai lu dans le journal des mouettes que
vous les laissiez faire tout ce qu’ils veulent, que vous étiez
sales, voleurs et que vos fientes détruisent nos monuments !
Vous ne croyez même pas en la Grande Mouette ! Je ne veux
pas qu’une colonie de pigeons vienne souiller ma plage et
mettre le désordre parmi nos jeunes! Retourne d’où tu viens,
tu n’es pas le bienvenu chez moi !
_ C’est vrai que nous n’avons pas les mêmes plumes et si nous
ne croyons pas en la Grande Mouette nous honorons le Grand
Pigeon. Il ne faut pas croire tout ce qui est écrit dans les
journaux, tous les pigeons ne sont pas tels qu’ils les décrivent.
Beaucoup sont courageux, pacifiques, travailleurs, honnêtes et
n’ont pas d’autre choix pour survivre que de quitter leur ville .
Es-tu bien sûr que toutes les mouettes soient parfaites,
irréprochables ?
_ Mais, c’est ma plage ! Mes parents, les parents de mes
parents, les parents des parents de mes parents vivaient là
avant moi, pas les tiens !
_ Ce que tu dis est vrai, mais mon grand-père m’a raconté que
lorsqu’il était petit, des mouettes sont venues vivre dans notre
pays sans doute parce qu’à cette époque elles en avaient
besoin. Certaines y sont toujours. D’autres sont revenues ici. Il
fut un temps où mes cousins les pigeons voyageurs ont rendu
de grands services à tous les oiseaux de la planète.
Aujourd’hui c’est à notre tour de chercher à survivre.
Toi qui voles haut, qui voles loin, comment ne sais-tu pas que
le ciel, la terre et la mer appartiennent à tous les oiseaux ! Que
ne l’as-tu pas lu dans ton journal des mouettes !

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