Vive la dés-union citoyenne !

Introuvable démocratie participative à Villejuif.

« Plus rien ne se fera sans vous !» Quel titre prétentieux pour une réunion publique organisée sous l’égide de la nouvelle municipalité dite « d’Union citoyenne » fraîchement élue en mars dernier. On allait (enfin) voir ce qu’on allait voir. Branle-bas de combat dans la maison Le Bohellec, Gandais, Harel, Vidal. Les quatre cavaliers de l’apocalypse allaient nous dévoiler leur botte secrète pour gouverner cette ville « laissée à l’abandon depuis tant d’années » qu’ils disaient.
Leur arme secrète : la démocratie participative. Sur le papier c’était beau comme les meilleures heures de la campagne présidentielle de Ségolène R. en 2007. Mais comment la majorité sortante et sortie n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Par incurie ? Par mépris pour « le peuple villejuifois » forcément pur et noble ? Où était-ce seulement par manque total de respect pour des procédures élémentaires de vie démocratique locale ? Roulement de tambour donc et place aux professionnels… de l’enfumage !
Rendez-vous à 17h pour attirer un large spectre représentatif de la population. Forcément. Ambiance feutrée voire confinée. Un troisième âge bien représenté (mais pas n’importe lequel comme nous le verrons plus loin), des salariés de la ville partagés entre inquiétude et espoir de connaître enfin la méthode et le projet des nouveaux élus pour Villejuif, et bien entendu des copains (et des coquins) pour faire l’audience et la claque au moment opportun. Pour la spontanéité et l’enthousiasme, on repassera donc.
Au 1er rang retenant leur souffle et anxieux comme deux comiques troupiers qui ont rodé leur spectacle des mois à l’avance en province avant de le jouer devant le tout-Paris, les faux époux Lipietz-Gandais fraîchement exclus d’EELV.
Premier couac : bien qu’annoncée, l’absence très remarquée du 1er magistrat de la ville sans doute prévenu qu’il n’y avait pas grand chose à espérer ni à annoncer au cours de ce (trop) long monologue de plus de 3 h organisé par la composante la plus arrogante et brutale de la nouvelle équipe en place. On peut légitiment s’interroger sur ce signal néanmoins regrettable. La défection de M. Le Bohellec traduirait-elle uniquement son désintérêt pour l’éminente question de la participation concrète de nos concitoyens à la vie locale ou bien s’agit-il déjà d’une entorse à l’union citoyenne tant vantée et déjà galvaudée ?
L’autre motif de déception concerne la méthode. Rien de nouveau sous le soleil villejuifois ! Après avoir annoncé illico que « bien entendu, il ne s’agissait pas de faire semblant de réinventer des pratiques de concertation qui existaient déjà du temps de l’équipe précédente », l’adjointe à la vie démocratique a donné la parole à trois de ses collaborateurs qui ont confirmé que leur mission n’avait pas changé depuis le 30 mars dernier et qu’elle servirait même de modèle à la nouvelle équipe. Ça fait donc très vite Pschitt du côté de la méthode.
Et concernant le fond de l’affaire me direz-vous ? Première confirmation, le PLU sera bien révisé et la concertation débutera même à l’automne. Là encore, aucun scoop, juste de la soupe bio réchauffée au micro-onde histoire d’allier le chou et la chèvre pour pas décevoir les habitués de la maison Gandais-Lipietz qui ont bien compris depuis longtemps que lorsqu’on n’a rien à dire il faut co-mmu-ni-quer !


Prenant leur courage à quatre mains, les duettistes Gandais-Lipietz n’ont même pas jugé bon de réagir lorsque l’un des intervenants, pourtant fonctionnaire à la ville, a été nommément pris à parti par un « citoyen-propriétaire en colère » parce que le PLU actuel, résultat de plus de trois ans de concertations et de rencontres publiques empiétait sur ses intérêts privés et qu’il avait obtenu la promesse, qu’une fois élue, la nouvelle équipe allait régler tout cela. N’avait-il pas assez attendu, Sacrilège !
Et c’est sans doute là le principal enseignement de cette longue et fastidieuse soirée. Par démocratie participative, il faut entendre pour nos champions, ouverture d’un bureau des pleurs et autres réclamations pour la nouvelle clientèle municipale. Leur profil : résidents des quartiers alentours du centre ville, souvent des propriétaires (d’un certain âge) de maisons coquettes dont il ne faut surtout pas remettre en cause la valorisation foncière par une politique trop audacieuse qui ferait entrer la ville dans le 21ème siècle. C’est plutôt retour au 19ème, on nous rejoue la démocratie censitaire et la politique du guichet « nous avons bien pris en compte vos inquiétudes légitimes, d’ailleurs nous avons les mêmes ! »
C’est déjà les illusions perdues pour le plus grand nombre. Où sont les quartiers populaires de la ville ce soir dans cette réunion ? Quelle est la définition de l’intérêt général pour la nouvelle équipe ? Se réduirait-elle à la simple addition des intérêts particuliers comme dans la fable libérale de la main invisible du marché ? Consternant.
C’est l’esprit même du rapport Mechmache que les Ex-EELV ont foulé du pied, l’autre soir. Et les propos tenus au cours de la réunion confirment la cohérence de leur alliance avec la droite. Ces deux-là n’ont décidément plus leur place à gauche. D’ailleurs, ils n’y croient plus au clivage gauche-droite, aux valeurs de solidarité et au projet du vivre-ensemble. Seule la fin justifie apparemment les moyens pour le meilleur mais surtout pour le pire qui reste à venir. Et cela n’empêchera pas M. Lipietz de se répandre ci et là sur la toile pour s’auto-promouvoir. Vanité quand tu nous tiens.
Moment hallucinant où un habitant prend la parole au nom du comité de salut public de sa rue. Face au péril de la crotte de chien et autres odeurs de souillure canine, un cahier de doléance a été rédigé afin que l’intégrité olfactive des citoyens susnommés soit rétablie dans sa dignité. Réponse de Mme Gandais, jamais éloquente et toujours à côté de la plaque « nous avons bien pris note de vos demandes pendant la campagne et mettrons les fines fleurs de nos services au travail pour rétablir l’ordre ». L’auditoire retient son souffle. Applaudissements des groupies venues en renforts pour l’occasion. La sentence rendue, le fier représentant se lève et quitte la salle. Mission accomplie, son petit égoïsme satisfait, après lui le déluge peut bien s’abattre sur la ville ! Plus que cinquante neuf mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf âmes à contenter. C’est l’assiette au beurre ! Bonjour tristesse…
Et les réponses pour la ville, quand viendront-elles ? Quid des moyens alloués à la politique de la ville et de la GUP ? Rien non plus sur les trois quartiers prioritaires arrachés de haute lutte par la précédente majorité auprès du ministère de la ville, sinon qu’il était « normal que ces trois quartiers aient été retenus compte tenu de leur sociologie. « Tous ces pôvs-qui-puent-la-sueur qu’on a confinés dans ces espaces sans avenir quelle honte ! »
Alors de deux choses l’une, soit les anciens élus avaient inventé la machine à appauvrir, pour maintenir captif un électorat forcément acquis (avec le succès que l’on sait…) et dans ce cas il ne reste plus à Madame Gandais qu’à inventer la machine à enrichir et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes à la sauce « union citoyenne » ; soit il y a un flou et donc un loup, et la municipalité aurait l’intention de faire disparaître une population jugée « indésirable » ? A suivre donc.
Ont-ils oublié que l’heure de la campagne était passée ? Que maintenant « c’est pour de vrai » ! La sensation de totale improvisation laissée par cette réunion ne peut nous donner que des sueurs froides. À quelle créature politique avons nous confié la destinée de notre ville ? Nos héros ont beaucoup promis et il faut maintenant passer à la caisse ou alors avouer que les promesses ne valent que pour ceux qui y croient… Que se cache-t-il derrière le sourire carnassier de M. Lipietz ? Cynisme, esprit de vengeance enfin consommée ou bien simplement vide sidéral et absence de vision pour notre communauté. Attention, réponses multiples autorisées ! La politique de la ville ne se fera pas à coup de boites de suggestion placées au coin de la rue et autres artifices pour faire « participatif ». Villejuif mérite mieux et, à l’allure où tout se fissure déjà, ce soir, j’ai mal à ma ville.

 

Post-scriptum : Mardi 8 juillet dernier, la 1ère adjointe Gandais a confirmé aux riverains en colère de la rue Hamon, dans une ambiance glaciale, la construction de logements sociaux près de chez eux.
Ce projet de construction de 22 logements sociaux, lancé par l’ancienne municipalité et réalisé par le bailleur 3F, aura bien lieu. Rappelons que ce projet hautement symbolique (des logements sociaux en plein centre-ville, dans un quartier pavillonnaire) avait conditionné l’entrée en campagne et en politique de M. Vidal, ex-socialiste, actuel adjoint aux finances et surtout (plus très heureux) propriétaire d’une maison avoisinant le terrain à construire. On a frôlé le conflit d’intérêt !
Rappelons aussi que trois des quatre têtes de liste de l’Union citoyenne, messieurs Vidal, Harel et Mme Gandais avaient pris l’engagement solennel qu’une fois élus, ils abandonneraient ce projet.
Trois mois après que reste-t-il de l’Union citoyenne ? M.Vidal, absent parce que sans doute trop amer ? Mme Gandais, penaude, préfère se défausser sur son administration. M. Harel tombe le masque trop lisse qu’on lui connaît et éructe comme jamais contre le logement social et sa propre 1ère adjointe. Quant au maire, une fois de plus il a préféré… la défection.
Triste tableau donc, jeté en pâture à  des riverains forcément en colère de ne pas voir ces logements sociaux transformés en logements de standing ou encore en… parking public !
Et surtout, affligeante illustration grandeur nature des mots de H. Queuille « la politique n’est pas l’art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent ».
À suivre…

 

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