» Et pourtant elle tourne ! « 

Elle tournait depuis déjà quelques heures. Elle ne savait pas pourquoi. C’était automatique . Elle tournait, tournait depuis déjà quelques jours. Elle ne comprenait pas comment. C’était devenu mécanique. Elle tournait, tournait, tournait depuis déjà quelques années. Elle ne s’expliquait toujours pas pourquoi ni comment . C’était devenu féerique.
Pour se changer les idées elle s’approcha du soleil, elle sentit sa peau chauffer. C’était devenu calorique. Parfois elle vomissait, toussait, crachait. C’est ainsi que vinrent les montagnes. C’est ainsi que vinrent les volcans. C’est ainsi que vint l’océan. Arrivèrent les continents. C’était devenu biblique.

Elle pivotait depuis maintenant des siècles mais n’en voyait toujours pas la raison. Elle en avait parfois le vertige, elle s’était mise à tituber. C’est ainsi que vinrent les poissons. C’est ainsi que vinrent les oiseaux . C’était devenu génétique. Arrivèrent les premiers hommes, ça restait encore biblique mais c’était devenu pré-historique.
Elle évoluait inlassablement depuis déjà tant de millénaires. « Qui suis-je ? Où vais-je ? Suis-je vraiment seule dans cet univers? » Comme elle ne trouvait pas les réponses c’était devenu philosophique. Elle tournait à en perdre le nord, à ne tourner plus vraiment rond, tourner à perdre la raison … Elle avait peur que tout s’arrête, peur de tomber dans le fond du fond. C’était devenu fanatique. C’est ainsi que vinrent les crises, arrivèrent les premiers assauts, arrivèrent ses premières guerres. C’était devenu historique. Elle sentait bien qu’elle tournait à vide, c’était devenu trop frénétique. Elle se reposa des questions : « A quoi je sers ? Pour qui, pourquoi ? » Ses réponses furent des tremblements. C’était devenu chaotique.
Elle gravitait depuis déjà tant de temps qu’elle ne le comptait même plus, elle avait perdu la mémoire, elle commençait à perdre l’esprit. Arrivèrent les refroidissements suivis de grands réchauffements. C’était devenu climatique. S’est-elle posé les bonnes questions ? Ses réponses furent économiques. C’est ainsi que vinrent les krachs, c’est ainsi que revinrent les guerres. Ses blessures furent d’abord atomiques puis devinrent bactériologiques.
« Ne tournons plus autour du pot ! Je n’en peux plus de tournicoter, de les voir s’entre-déchirer, de les sentir me charcuter ! Je ne veux plus tournoyer pour eux ! » C’est ainsi que la mécanique à grands coups de rayons cosmiques se jeta dans le fond du fond de la mer intergalactique.

A celle qui jamais ne comprit ni pourquoi ni comment elle s’était mise à tourner, les hommes par leur grand manque d’intelligence et leur esprit égocentrique avaient donné de sérieuses raisons d’arrêter.

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