NI DIKTAT, NI CHANTAGE !

Editorial du 26 septembre 2015. Par Danielle Simonnet, co-coordinatrice politique du PG.

Original : http://www.daniellesimonnet.fr/ni-diktat-ni-chantage/

En réélisant Alexis Tsipras, le peuple grec a exprimé son refus de voir le retour de la droite et des corrompus au pouvoir. L’augmentation de l’abstention révèle par ailleurs le climat d’insurrection froide d’un peuple, qui après avoir tant résisté, n’adhère pas au statut de protectorat auquel la Troïka et Merkel avec la complicité de Hollande veulent le réduire. Face aux dégâts occasionnés par l’application du mémorandum et aux mobilisations sociales inévitables que cela suscitera, Alexis Tsipras sera bientôt face à un choix crucial : reprendre la voie de la résistance ou s’attacher à les faire appliquer comme le Pasok hier. Bien que la composition de son gouvernement et ses déclarations nous inquiètent, nous souhaitons que Syriza renoue avec l’esprit de janvier 2015. Évidemment, les tenants du système, libéraux de tous bords, à l’instar de Hollande s’empressent de saluer le « réalisme » de Tsipras, pour mieux faire croire qu’aucune alternative ne serait possible. Comme si la souffrance imposée au peuple par ses politiques austéritaires, aussi inefficaces qu’injustes, pouvait être considérée comme réaliste !

Plus que jamais, le Sommet du Plan B que nous préparons pour novembre est déterminant. Tout comme vont l’être les résistances du peuple grec et l’implication du jeune nouveau front anti-mémorandum qui se constitue et dans lequel on retrouvera Unité Populaire. L’alternative existe bel et bien. La victoire de Corbyn, et comme nous l’espérons les bons résultats à venir de Podemos en Espagne, démontrent que l’aspiration à une gauche réelle qui s’assume, progresse en Europe.

Pendant ce temps, en France, le gouvernement poursuit et même accélère sa politique antisociale et anti-écologique. Ne nous y trompons pas, les provocations de Macron ne sont pas le fait d’un homme isolé incontrôlé, mais bien la préparation du terrain des attaques à venir. Les liquidateurs des acquis sociaux issus du CNR poursuivent leur entreprise au service du Medef et entendent s’attaquer au statut des fonctionnaires, au système de protection social et au code du travail.

Face aux enjeux climatiques déterminants Hollande fait de beaux discours mais agit en sens inverse : cars Macron, contre- réseau ferroviaire avec abandon de certains TER, obstination à construire Notre-Dame-Des-Landes, à promouvoir les fermes industrielles, avantages fiscaux aux véhicules diesel, encouragement aux entreprises françaises pour investir dans les sables bitumeux canadiens, baisse de 85 millions du budget de l’écologie… Les négociations préparant la COP21 ont déjà acté l’abandon d’un accord contraignant. Mais on peut parier que Hollande cherchera à faire croire que grâce à lui le climat va être sauvé. Pour sauver les banques, il n’hésiterait pourtant pas.

Les multinationales peuvent s’en donner à cœur joie via leur lobbying pour imposer les fausses solutions écologiques comme le marché carbone, d’autant plus que la fin des négociations sur le TPP, le TTIP et l e CETA approche sans opposition des États. Le Parti de G auche doit démultiplier ses initiatives locales, nationales et internationales via le réseau écosocialiste en soutien aux mobilisations citoyennes dans le cadre des Alternatiba et manifestations à venir à l’approche de la COP21. Il se retrouve dans la volonté de construire un mouvement de justice climatique.

L’exigence d’inscrire la règle verte dans la future constitution de la 6e République, de laisser au moins 80% des énergies carbonées sous terre, de sortir du nucléaire, d’engager la planification écologique, d’instaurer un protectionnisme solidaire sont autant d’idées en rupture avec le productivisme que nous devons promouvoir dans la bataille idéologique et culturelle qui se joue.

Évidemment avec une telle politique, le PS commence à réaliser qu’il s’apprête à essuyer une terrible défaite électorale lors du prochain scrutin des régionales. Avec la proposition du référendum pour l’union de la gauche, Cambadélis nous refait le coup du chantage à l’extrême-droite, mais la ficelle est usée et grossière. Ceux-là même qui ont trahi le référendum du peuple français en 2005, imposé une régression sociale sans précédent avec la réforme des retraites sans consulter le peuple, méprisent les enjeux écologiques pour mieux servir les intérêts privés, ne méritent qu’un seul référendum : celui permettant leur propre révocation ! Les élections régionales en seront politiquement l’occasion : celle de sanctionner leur politique comme de combattre toutes les politiques de droite d’où qu’elles viennent.

Danielle Simonnet
Co-coordinatrice politique

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