Violences : à qui profite le crime ?

Chaque samedi est un nouveau rendez-vous pour toute la France. Chaque samedi, des citoyens réclament une justice sociale, fiscale, écologique et démocratique. Et chaque samedi, ces citoyens trouvent face à eux les forces de l’ordre qui déploient des moyens et une violence inouïe contre eux.

Ces forces de l’ordre qui utilisent une panoplie d’outils et d’armes décriés par les pays européens, décriés par le Défenseur des Droits, et décriés jusqu’à Amnesty, justifiée par la prétendue violence des Gilets Jaunes.

Mais de quelle violence parle-t-on ? De quelle violence parlent les médias ? De quelle violence parle le gouvernement ?

Pour parler de violence, il faudrait évoquer les violences déjà distillées par nos forces de l’ordre dans les banlieues, où des gens meurent au sein même des commissariats, où les contrôles au faciès sont monnaie courante. Il faudrait également évoquer les violences commises lors des manifestations contre la loi Travail, sur des manifestants qui n’avaient rien de casseurs. Il faudrait penser à M. Benalla qui a frappé et traîné des manifestants dans l’indifférence de ceux qui pensaient avoir un collègue dans leur rang…

Nous vivons aujourd’hui les conséquences de ces multiples atteintes à la liberté de circulation, d’expression et de manifestation.

Même avec un parcours balisé et déclaré, le pouvoir est libre de leur demander de nous arrêter, de nous gazer, de nous disperser… par tous les moyens. Et chaque semaine, il faut ajouter encore des dizaines de blessés qui, par un flashball, qui, par une grenade de désencerclement… Perdre un œil ou une main est devenu monnaie courante.

C’est la loi de la violence contre la violence, nous répondront certains béni-oui-oui de la communication gouvernementale. Ce sont les gilets jaunes qui sont violents !

Mais pourquoi sont-ils violents ces gilets jaunes ? Pour eux aussi, c’est la loi de la violence contre la violence. Et celle qui leur est faite ne se limite pas au samedi. Elle se fait tous les jours de l’année, par le biais de la violence sociale, comme le passage en force de la loi Travail, par le biais de la violence fiscale, qui permet de supprimer l’ISF et d’éviter de procéder à une répartition équitable des richesses, par le biais d’une violence anti-démocratique qui compromet la représentativité dans notre république… Cette violence porte un nom : c’est une violence institutionnelle, et elle nous est appliquée chaque jour, semaine, week-end et jours fériés. Et, en ce moment, elle est également appliquée tous les samedis, par des forces de l’ordre, supposées protéger chacun de nous, sur ordre de ceux qui nous dirigent et sont bien décidés à continuer à nous appliquer un traitement de choc.

Ces policiers d’ailleurs, ces hommes et ces femmes, dont les heures supplémentaires semblent ne jamais pouvoir être payées, mobilisés à l’envie, dans l’

Alors, il convient de se demander, au bout du compte : où est la violence ?

« Ce ne sont pas ceux qui remettent en cause les institutions qui auront le dernier mot » nous disait Edouard Philippe. Toute l’ironie est de se rendre compte que les institutions exercent actuellement une violence à l’égard du peuple : nous sommes en démocratie, et c’est à nous de décider si oui ou non nous voulons que nos institutions perpétuent cette violence.

La réponse des Gilets Jaunes est non. Alors… où est la violence ? Et à qui profite le crime ?

 

 

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