Un débat impossible.

Il aurait été utile de débattre avec Alain Lipietz, à propos de son billet http://lipietz.net/Reflexions-sur-l-unite-des-listes-progressistes-europeennes

.

 

Même si la prétention d’Alain Lipitez à distribuer bons et mauvais points, du haut de son expérience, fait un peu sourire. Notre gardien autoproclamé de la vertu écologique est d’ailleurs bien forcé de reconnaître que, pour les députés européens France Insoumise, « les votes personnels sont bons ». Qui aurait pu en douter, pour un mouvement dont l’écosocialisme est l’axe politique ?

 

Même si Alain Lipietz ne se donne pas la peine d’orthographier correctement le nom de la candidate LFI Marina Mesure, qu’il appelle Masure ; lapsus révélateur ?

 

Même si Alain Lipietz se trompe d’élection. Voter pour la liste conduite par Manon Aubry, c’est envoyer un commando de combat au parlement européen comme le sont les 17 député-e-es du groupe LFI à l’assemblée nationale. Mais nous ne disons pas aux citoyens que c’est par le parlement européen qu’on transformera la construction européenne.

 

Même si Alain Lipietz agite comme un vulgaire propagandiste l’épouvantail du Frexit et caricature honteusement la stratégie planA/planB. Nous lui conseillons – et surtout à tous ceux qui liront ce texte et qui souhaitent connaître les véritables positions de LFI sur la sortie des traités européens – l’analyse d’Eric Coquerel https://www.facebook.com/EricCoquerelPG/posts/2180627538698964 . Pour une mise en bouche, cette citation

Il est déraisonnable, et vraiment peu ambitieux, de dire que le plan B français pourrait correspondre au Frexit, soit la sortie unilatérale d’une France isolée. C’est nier les capacités d’entraînements de notre pays. C’est sous-estimer le rapport de force que nous serions capables d’imposer. En réalité dans le cas français, le plan A consisterait à transformer l’actuelle construction européenne avec les pays de l’UE. Le plan B, lui, consisterait à une nouvelle construction européenne avec les pays qui partageraient les ambitions et le modèle de coopération proposé par la France. Dans les deux cas il y aurait donc sortie et renégociation de traités. Si notre objectif premier, notre préférence, va à la réussite du plan A, il ne peut déboucher sans avoir en poche un plan B et le faire savoir. Dans les deux cas il s’agit de ne céder ni sur le mandat confié par les électeurs, ni sur la souveraineté du peuple dont le respect est préférable à tout.

 

Oui, le débat aurait été intéressant, et aurait peut-être permis à Alain Lipietz de comprendre que se  faire élire au Parlement européen pour contribuer à préparer la sortie des traités est une stratégie cohérente.

 

Mais le débat n’aura pas lieu. Il est impossible, lorsqu’Alain Lipietz assimile, dans la dernière phrase de son billet, la position de LFI et celle des Le Pen. Cette ignominie le ravale au niveau des commentateurs de France Info et autres nouveaux chiens de garde. De quelqu’un qui pourfendait récemment le psittacisme de ses ex-compagnons politiques, ce serait bien décevant, si son histoire à Villejuif, ne nous avait pas avertis de tout en attendre, y compris et surtout le pire.

 

Villejuif insoumise

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