Lame de fond au GOSB : et si Villejuif surfait sur la vague ?

Le SEDIF est le syndicat intercommunal qui gère la production et la distribution de l’eau potable pour la majeure partie de l’Ile de France hors Paris. L’ensemble des communes regroupées dans le SEDIF a délégué (délégation de service public) cette activité à Veolia (ex-Générale des Eaux) sans interruption depuis 1922.

Il est en temps normal impossible pour une commune qui le voudrait de quitter ce syndicat, car ce départ requiert l’approbation d’une majorité qualifiée des autres communes, qui est impossible à réunir. Or, la loi NOTRE a transféré la compétence « eau » des communes aux EPT (Etablissement Public Territorial).  Villejuif fait partie de l’ l’EPT Grand Orly Seine Bièvre (GOSB).

Après plusieurs reports, le GOSB doit impérativement finaliser ses décisions avant Décembre 2020 (fin de la convention temporaire GOSB-SEDIF, déjà renouvelée deux fois). Cette convention temporaire a permis aux communes qui envisageaient de sortir du giron du SEDIF et de son inamovible délégataire Veolia d’étudier la faisabilité de solutions alternatives. C’était  une porte de sortie unique et neuf d’entre elles l’ont utilisée.

Le GOSB a toutefois ré-adhéré partiellement pour les communes qui le souhaitaient, surtout les communes de droite de l’époque. Ce dont s’est hélas emparé la majorité municipale précédente, qui a engagé Villejuif d’une façon juridiquement contraignante sans qu’aucune information, encore moins débat, ne soit organisé avec les habitant.e.s.

Face à cette situation, certains proposent d’agir à l’intérieur du SEDIF, pour qu’au prochain renouvellement (dans 3 ans), il abandonne la délégation de service public (DSP) à Veolia et opte pour une régie publique. Ce serait bien évidemment la meilleure solution… si elle était un tant soit peu réaliste. Il s’avère que même en 2010, où une fragile majorité de gauche existait au SEDIF, la tentative de faire voter au SEDIF la mise en place d’une régie publique a échoué. Ceux qui évoquent cette perspective pour repousser toute action immédiate doivent expliquer quels éléments permettent de penser que la situation a changé dans un sens favorable.

Villejuif aussi doit prendre ses responsabilités : la gestion publique de l’eau faisait partie du programme municipal. Comme nous l’avons dit plus haut, la mairie précédente a re-engagé la ville avec le SEDIF-VEOLIA. Or, l’occasion de passer en régie publique ne se représentera pas de sitôt !  Les habitant.es doivent être informés de cette situation, et des moyens que se donne la majorité municipale pour tenir ses engagements. La FI Villejuif souhaite qu’un débat public, en Conseil Municipal ou autre, ait lieu très vite, car il y a extrême urgence pour protéger ce bien commun.

 

Des entreprises voyous polluent les Hautes Bruyères. La réponse de la préfecture : en priorité, expulser les Roms !

Une décharge de grande ampleur, illégale et dangereuse, fonctionne depuis des mois aux Hautes Bruyères. Il ne s’agit pas de ferraillage artisanal, mais d’une pratique industrielle massive. « Les va-et-vient de camions s’enchaînent quotidiennement depuis le confinement, et avec eux, les déversements de déchets souvent industriels qui s’amassent sur des monticules hauts de plusieurs mètres. Le volume total est désormais évalué à 18 000 m3 », d’après le Parisien. Or les responsables sont connus : toujours d’après la même source, des témoins ont photographié des véhicules aux logos de sociétés du BTP, dignes émules de Lafarge.

Malgré les demandes de la municipalité, l’Etat refuse purement et simplement d’agir ! « La préfecture nous dit que les effectifs de police sont insuffisants pour venir verbaliser les conducteurs de camions pris en train de déverser leur chargement » déplore le maire de Villejuif.

Cette décharge s’est créée à proximité immédiate du campement de fortune antérieur, que la mairie précédente avait tenté d’éliminer en lui coupant l’eau. Et le discours du préfet, repris complaisamment par la presse, est d’associer systématiquement les deux problèmes, pour préparer une expulsion.

Ce type de démarche porte un nom : chercher un bouc émissaire.

La FI Villejuif considère que la priorité est une action immédiate et dissuasive contre les pollueurs. La question, bien réelle, de la gestion du problème humanitaire doit en être complètement dissociée, et s’effectuer en collaboration avec les parties concernées, mairie, associations, riverains, et en premier lieu les habitants du campement eux-mêmes.