Non à l’Union sacrée : tribune collective dans Le Monde

Cette tribune est l’oeuvre d’un collectif: Ludivine Bantigny, historienne; Emmanuel Burdeau, critique de cinéma; François Cusset, historien des idées; Cédric Durand, économiste; Eric Hazan, éditeur; Razmig Keucheyan, sociologue; Thierry Labica, historien; Marwan Mohammed, sociologue; Olivier Neveux, historien de l’art; Willy Pelletier, sociologue; Eugenio Renzi, critique de cinéma; Guillaume Sibertin-Blanc, philosophe; Julien Théry, historien; Rémy Toulouse, éditeur; Enzo Traverso, historien.

La sidération, la tristesse, la colère face à l’attentat odieux contre Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier, puis la tuerie ouvertement antisémite, vendredi 9 janvier, nous les ressentons encore. Voir des artistes abattus en raison de leur liberté d’expression, au nom d’une idéologie réactionnaire, nous a révulsés. Mais la nausée nous vient devant l’injonction à l’unanimisme et la récupération de ces horribles assassinats.

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Sur l’Ukraine

Sur le conflit ukrainien, les médias généraux (presse, télévision, radio) semblent avoir renoncé à toute tentative d’information objective pour diffuser un message unique : la Russie est l’empire du mal. Avec les ridicules de la propagande de temps de guerre : par exemple, fin Août, Le Monde a annoncé pendant une quinzaine l’irrésistible progrès de l’armée gouvernementale ukrainienne, avec les résultats que l’on sait.

Un excellent blog offre une vision différente. Pour ceux qui aiment une approche à la Chomsky.

On peut commencer par l’informative et édifiante page de synthèse.

Paul Krugman sur François Hollande

Le texte ci dessous est une traduction partielle d’un article de Paul Krugman paru dans le New York Times du 28 Août. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Paul Krugman est prix Nobel d’Economie. Sous le titre « the Fall of France »  il remet les pendules à l’heure par rapport aux idées reçues sur l’inéluctabilité de la politique économique de Valls-I et II, et pose le problème comme politique avant tout. Face au déferlement médiatique sur le « suicide de la gauche » (Libé d’aujourd’hui, et les autres), c’est bien utile.

La chute de la France

François Hollande, le président de la France depuis 2012, aurait pu créer la surprise. Il a été élu sur la promesse de se détourner de la politique d’austérité qui ont tué la brève et insuffisante reprise économique européenne. Comme la justification intellectuelle de ces politiques était faible et allait bientôt s’effondrer, il aurait pu conduire un bloc de nations exigent un changement de cap. Mais cela ne devait pas être. Une fois en poste, M. Hollande a plié rapidement, cédant complètement à la demande pour encore plus d’austérité.

Qu’il ne soit pas dit, cependant, qu’il est tout à fait mou. Plus tôt cette semaine, il a pris des mesures décisives, mais, hélas, pas sur la politique économique, même si les conséquences désastreuses de l’austérité européenne deviennent de plus en plus évidentes au fil des mois, et même si Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, appelle à une changement de cap. Non, toute la force de M. Hollande s’est axée sur la purge des membres de son gouvernement qui osent remettre en question sa soumission à Berlin et Bruxelles. 
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