Pourquoi la grève des cheminots est une grève pour l’intérêt général ?

Train en gare d'Ussel

Un train Intercités assurant la liaison Clermont-Ferrand-Bordeaux en 2009. Depuis 2014, faute d’entretien de la voie, plus aucun train ne parcourt cet axe transversal majeur.

Les cheminots se sont engagés dans un mouvement de grand ampleur. Leur grève est d’intérêt général parcequ’ils se battent pour le service public du rail, qui est notre bien commun.

On nous dit que la SNCF coûte trop cher, 200 euros par Français paraît-il. Mais se pose-t-on la question du coût pour chaque Français de l’entretien et du développement du réseau routier en France ? Il est pourtant bien supérieur au « coût » de la SNCF ! Le seuls coût des travaux réalisés par le secteur privé sur le réseau routier en France étaient évalués à plus de 14 milliards d’euros en 2009, sans compter les importants coûts d’entretien, nettoyage, rénovation, déneigement etc. qui sont souvent assurés directement par l’État et les collectivités, or ces coûts sont eux aussi importants. Mais nous avons raison de ne pas raisonner en terme de coûts, pour le réseau routier comme pour le réseau ferré, car ces réseaux sont également indispensables à la vie du pays, pour le transport des personnes et des marchandises ainsi que pour l’aménagement du territoire. Imagine-t-on un instant de fermer les routes non rentables parce qu’on estime que leur entretien coût trop cher ? Non. Tant qu’il y a des gens au bout de la route, elle est entretenue par l’État et les collectivités, qui y font faire les travaux nécessaires, sans facturer aux voyageurs ou aux transporteurs un quelconque droit de passage, sans rechercher un impossible équilibre financier pour cette activité de service public, et sans vouloir fermer les routes qui ne voient passer qu’un faible nombre de véhicules. Le réseau ferré, comme le réseau routier fait partie de notre patrimoine commun indispensable. Il doit être maintenu et développé, ce qui ne représente pas un coût mais un investissement d’avenir.
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Pourquoi nous serons dans la rue le 22 mars ?

Photographie du cortège des cheminots le 22 Mars 2018

Le cortège des cheminots le 22 Mars 2018

Ce 22 mars 2018 est une journée de mobilisation des salariés de la SNCF et de la Fonction publique. Leur lutte est la lutte de tous. Avoir des trains qui fonctionnent et à des prix raisonnables sur des voies qui desservent correctement tout le pays n’est pas l’affaire des cheminots mais l’affaire de tous. Exiger que l’on cesse d’asphyxier le service public par assèchement des postes et des moyens afin de pouvoir rendre à chacun le service public auquel il a droit n’est pas l’affaire des seuls fonctionnaires mais l’affaire de tous.

Rendez-vous dans la rue ce jeudi pour ceux qui peuvent faire grève, et rendez-vous dans toutes les luttes ! La récente victoire des salariés des EHPAD de Cachan, Gentilly et L’Haÿ, avec entre autres le soutien des insoumis de ces villes le montre de façon spectculaire.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site national de la France Insoumise: «Le 22 mars, défendons l’intérêt général !»

Hommage aux victimes du 17 octobre 1961

17octUn hommage aux victimes du 17 octobre 1961 se tiendra ce lundi 17 octobre 2016 à 18 heures 30, à l’angle de la rue Paul Bert et de la ruelle au puits face au parc Pablo Neruda, sur la Place du 17 octobre 1961, obtenue il y a trois ans grâce à une mobilisation associative et politique.

Il y a 55 ans, le 17 octobre 1961, une manifestation à l’initiative de la Fédération de France du Front de Libération Nationale algérien (FLN) fut sauvagement réprimée dans les rues de Paris.

Ces crimes eurent lieu dans le contexte de la guerre d’Algérie qui avait débutée en 1954. Cette manifestation avait pour but d’abord de protester contre la décision discriminatoire prononcée par les autorités de la police de la Seine (anciennement Paris et sa banlieue),  le 5 octobre 1961, qui avait mis en place un « couvre-feu pour les français musulmans d’Algérie ». Cette formulation, intolérable et directement inspirée du vocabulaire colonial, était celle du Préfet de Police de Paris qui se nommait… Maurice Papon !

Elle était si contraire aux principes fondamentaux de la Constitution de la République que, le lendemain, le Ministre de l’Intérieur M. Roger Frey abandonnait ce terme de « couvre-feu » pour lui substituer, avec une certaine hypocrisie, celui de « vive recommandation » d’interdiction de circuler le soir pour « les français musulmans ». Mais l’idée restait la même : une odieuse discrimination entre les citoyens et les habitants de Paris, capitale de la République Française.

C’est pour protester contre cela que le 17 octobre 1961 entre 30 000 et 50 000 personnes, à l’appel de la Fédération de France du FLN, voulaient défiler, sans arme, ni drapeau ni banderole, dans la plus grande dignité.

 

Il faut rappeler qu’en octobre 1961 des négociations sont déjà engagées entre le FLN et les pouvoirs publics. Il semble désormais officieusement acquis que le Général de Gaulle, Président de la République depuis 1958, est favorable à l’indépendance de l’Algérie. Mais certains dans son entourage direct et au gouvernement veulent faire capoter ces discussions. Ce sont ces ultras de l’Algérie Française, aveugles politiquement, voulant conserver un injuste ordre colonial, souvent membres de l’OAS, qui, par leurs actes de violences bestiales porteront la responsabilité du sang versé il y a 50 ans.

Aussi, il est décidé par cette poignée d’ultras, et en premier lieu par le Préfet Papon, que la manifestation du 17 octobre 1961, au premier prétexte, sera réprimée afin de produire un incident d’une telle ampleur qu’il bloquera la solution politique. Ainsi, une sauvage répression va s’abattre rapidement sur les manifestants. Des coups de matraques, coups de feu, tabassages vont durer pendant des heures ce soir là sous la pluie. Les cadavres seront jetés à la Seine pour masquer ces crimes à la population.

Mais, c’est désormais un fait historique établi. Il y a 50 ans, répondant à des consignes politiques précises, des policiers français ont assassiné des femmes et des hommes qui manifestaient pacifiquement dans les rues de Paris ! Selon les travaux des historiens il y eut  au moins une cinquantaine d’assassinats, peut être beaucoup plus cela fait encore débat parmi les historiens, 11 000 arrestations, des centaines d’expulsions et des plaintes sans lendemain.

Quelques jours plus tard, dans un ordre daté du 1er novembre 1961, le Préfet Papon félicitera ses hommes en ces termes : « Lors des manifestations des musulmans algériens déclenchées par le FLN, vous avez rempli pleinement votre mission ».

Dès le lendemain des témoignages divers raconteront cette nuit d’horreur. Plusieurs journaux en parleront. L’Humanité y consacrera plusieurs pages. Des photos seront publiées. Les protestations seront nombreuses. Des intellectuels comme Claude Bourdet dénonceront publiquement cette tuerie. Il interviendra avec force au Conseil de Paris à ce sujet, tout comme les élus communistes qui demanderont  eux aussi des explications au Préfet. En vain. Aucune manifestation de réelle ampleur pour protester contre ce crime d’Etat n’aura finalement lieu. Pour diverses raisons, les syndicats n’ont pas su appeler à une mobilisation nationale. Pourtant, ce fut bien des centaines de travailleurs que l’on a tué ce soir-là.

Progressivement, dans la mémoire du mouvement ouvrier et dans celle de notre peuple, cette nuit s’est quasiment confondue avec le massacre de militants communistes au métro Charonne en 1962. Petit à petit, cette tuerie s’est effacée de notre mémoire collective.

Jamais la justice n’a condamné le moindre policier ou la moindre personne pour ces meurtres. La réponse officielle fut généralement de dire aux familles que les victimes avaient « disparu » ou qu’elles s’étaient « suicidées ». Dans les semaines qui suivirent on repêcha régulièrement des corps meurtris le long de la Seine, souvent dans une indifférence du reste de la police.

Il faudra attendre le début des années 80, pour que des historiens comme Jean-Luc Einaudi et surtout l’écrivain Didier Daeninckx dans son roman « Meurtre pour mémoire », refassent surgir cette part sombre de notre histoire. D’autres ouvrages, films, travaux d’historiens ont suivi. Ce massacre est désormais évoqué dans certains manuels scolaires. Toutefois, aujourd’hui encore l’Etat français ne reconnaît pas sa responsabilité et les archives restent fermées aux chercheurs. En 1998, deux archivistes ont même été condamnés pour avoir témoigné, lors d’un procès voulu par Papon contre l’historien Einaudi, de l’existence de documents attestant de ce massacre.

En 2011, pour le 50e anniversaire de ce massacre, un « Collectif du 17 octobre 1961 » composé de nombreuses organisations associatives et politiques, dont le Parti de Gauche (PG), a voulu donner une dimension encore plus forte à cette commémoration. Le « Collectif du 17 octobre 1961 »  avait alors appelé à manifester sur le même parcours que celui de la manifestation de 1961.

En 2013, suite à une forte mobilisation du mouvement associatif sur la ville (Villejuif en mouvement(s), MRAP, AMVAB), notre Ville a inscrit sur son territoire une plaque commémorative pour rendre hommage aux victimes de ce massacre, place du 17 octobre 1961.

Depuis lors, chaque année des associations et des partis politiques manifestent le 17 octobre pour garder le souvenir.

Le Parti de Gauche vous donne rendez-vous ce samedi 17 octobre 2016 à 18 heures 30, à l’angle de la rue Paul Bert et de la ruelle au puits face au parc Pablo Neruda pour un rassemblement citoyen digne et silencieux, en hommage aux victimes de la répression de ce crime d’État perpétré en 1961. 

Ce rassemblement donnera lieu à un dépôt de gerbes et à un moment de recueillement.

Le Parti de Gauche de Villejuif

La réforme du Code du travail ne fera pas loi

retraitloitravail

Visuel : CGT

Texte initialement publié dans L’Humanité du 3 Mars 2016

Par Fabrice Angei, membre du bureau confédéral de la CGT, Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble !, Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, Noël Daucé, secrétariat national de la FSU, Gérard Filoche, membre du BN du PS, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, William Martinet, président de l’Unef, Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic, Danielle Simonnet, coordinatrice nationale du PG.

Le projet El Khomri doit être retiré. Non pas reporté, retiré. Son article premier suffit à le disqualifier, lui qui subordonne les droits et libertés des salariés au « bon fonctionnement de l’entreprise ». Il scelle la remise en cause historique, théorique, juridique d’un siècle entier de Code du travail. Lire la suite

L’APPEL DES GOODYEAR :

Pétition à signer sur change.org

Pour la première fois depuis un demi siècle un gouvernement a demandé que soit requis des peines de prison ferme contre des syndicalistes pour avoir participer avec les salariés à des actions en vue d’empêcher la fermeture de leur usine.

En même temps qu’ils préparent la suppression dans quelques mois de plus 1000 articles du Code du travail, Hollande, Valls et Macron ont décidé de déclencher une répression sans précédent des syndicalistes qui luttent dans les entreprises.

Avec les 8 condamnés de GOODYEAR l’exécutif veut faire un exemple.

Le gouvernement affiche sa volonté de mettre les Procureurs et les forces de polices aux services des grands groupes pour briser toute résistance à la destruction des emplois et de l’industrie.

Evidemment les militants de terrain en général et ceux de la CGT en particulier sont les plus touchés.

C’est pourquoi nous en appelons à l’ensemble des salariés, aux militants, aux syndicats d’entreprises, unions locales, départementales, régionales, fédérations ou simples salariés solidaires, pour qu’ensemble nous fassions la démonstration de notre force.

Nous pouvons être des millions à faire reculer Hollande, Valls et Macron en commençant par leur imposer l’arrêt des poursuites contre les 8 de GOODYEAR et en organisant le plus grand rassemblement solidaire en prévision de l’appel.

Je signe l’appel Nous Sommes Tous Des Goodyear

Triste démocratie

marianne_triste

Election présidentielle : le gouvernement réecrit les règles en faveur des « gros » candidats, alors que notre démocratie est en train de s’éteindre par manque de pluralisme et de voix dissidentes. Fin de l’égalité de temps de parole au profit du concept fumeux et subjectif d’équité. Etait-ce si insupportable que ça de donner quelques semaines par an la parole à Poutou, Cheminade ou Gluckstein, voix que l’on peut apprécier ou pas mais qu’on ne voit jamais à la télé et qu’on n’entend jamais à la radio pendant les 5 ans qui séparent deux présidentielles ?

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